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Les
vieilles

C’était il y a longtemps
J’avais un homme et un enfant
Nous habitions une petite maison
Les jours coulaient tout doucement
Le dimanche, nous nous promenions
Au bord de l’eau, près des roseaux
Nous attrapions des poissons bleus
C’était peu, nous étions heureux
C’était il y a longtemps

L’homme est mort,
l’enfant parti
Dans le monde infini.
Je vis seule dans mon petit logement
Une pièce - cuisine, l’eau froide
Un fourneau qui ronchonne
Quatre étages à monter
Avec mes vieilles jambes, pensez !

Il y a bien ma voisine Céline
Qui parfois me rend visite
Nous causons de la pluie, du beau temps,
De la vie qui augmente,
De notre pauvre argent qui fout le camp.
Nous évoquons des souvenirs
Qui s’envolent comme des papillons blancs
Céline est vieille
Ses jambes aussi la font souffrir

Chaque jour je fais une petite promenade
Toujours la même, été, hiver
Rue des Pivoines, rue des Arcades
Square des Faux - Frères
En chemin, j’achète mon pain
Avec les quelques sous que je serre dans ma main

Tous les jours, un fol espoir
Fait battre mon vieux cœur
La visite du facteur…
Il sait à peine que j’existe
Alors j’attends ...
Je n’en ai plus pour bien longtemps
J’attends la mort,
La mort si douce des vieilles
Que personne ne pleure
Que personne n’attend.
CC

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Création La bande à Léo
2002 |