Agathe la noire, Agathe aux grands yeux clairs, Agathe la mère courage  est allée rejoindre Léo, Léa et tous les autres. Et je reste seule avec le « petit Noé », son fils de 11 ans.

Agathe souffrait d’une sale maladie qui se montrait puis disparaissait en nous laissant tranquilles pour quelques mois. Quand elle apparaissait, on allait vite chez le vétérinaire qui faisait une injection et on repartait rassurés. Ce manège a duré neuf ans mais il y a quelques jours, la maladie a gagné,  les médicaments se sont révélés inefficaces et en peu de temps Agathe s’est transformée en chat écorché vif.
 Oh, elle ne se plaignait pas, les chats ne se plaignent pas  sauf si on leur marche sur la queue mais dans ce cas, c’est plutôt d’indignation qu’ils crient. Donc Agathe restait silencieuse mais elle était affreuse à voir et toutes les complications étaient à prévoir. Je l’ai laissée faire un dernier tour dans le jardin trempé par le brouillard de fin octobre, puis j’ai pris la décision pénible entre toutes.

 Son absence crée un grand vide.  C’est qu’elle prenait de la place, Agathe . Elle aimait venir sur moi, pilonner avec ardeur, toutes griffes dehors, mes pulls et mes T-shirts. Je lui donnais une petite tape sur la tête mais elle continuait. Agathe était têtue comme trois baudets. Elle savait réclamer quand elle voulait sortir ou manger ou quoi que ce soit d’autre, c’était un personnage.
Agathe disparue, le « petit » Noé déprime. Il montre sa tristesse en se cachant dans les endroits les plus étranges et moi, j’ai le sentiment d’avoir perdu les deux derniers chats de la « Bande à Léo »

Création "La bande à Léo"
novembre 2011