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Enfin, la
neige !
Depuis des
semaines,
il pleuvait ou il
y avait du brouillard, ou les deux à la fois. On finissait par se
demander si le soleil reviendrait un jour. Le vent d’ouest soufflait
sans relâche provoquant maux de tête et mauvaise humeur. Les prés
inondés étaient impraticables, les vers de terre s’en donnaient à
cœur joie, si l’on peut dire, et labouraient la pelouse devenue champ
de boue. Les taupes creusaient des galeries avec ardeur, n’épargnant
aucune plate-bande, la pitance était d’abondance. De tous côtés
surgissaient de nouvelles taupinières au désespoir de la jardinière.

Jusqu’à Noël,
quelques roses épanouies faisaient les fières, les cognassiers du
Japon, aventureux, déployaient leurs corolles, les boutons des
camélias gonflaient d’aise et pensaient damer le pion au jasmin
d’hiver et au cornouiller rose…mais, soudain, la neige s’est mise à
tomber accompagnée du vent du nord, suscitant une superbe pagaille
sur les routes du pays et le monde de s’indigner : quoi, de la neige
en janvier ? Quelle indécence !
Le paysage est devenu magique, le blanc a chassé le noir. Un soleil
pâle parfois se montre, le ciel se réjouit et nous enchante avec des
grâces d’aquarelle, les quelques nuages ont des coquetteries de ballerine en voile de tulle.
Des traces dans la neige allant dans tous les sens révèlent que des lapins de
garenne sont venus danser une joyeuse sarabande, ils ont également
laissé des signatures plus triviales et plus visibles ! Les merles, les
pinsons, les verdiers, et même un pic épeiche, se hâtent de picorer
les petites pommes gelées du pommier d’ornement qui les avait toutes
conservées sur lui au cas où.

  
Les poissons dans
la mare ont disparu sous la glace. Pendant deux jours, j’ai essayé
de leur ménager un trou et puis, j’ai renoncé. Je sais qu’ils vont
survivre. Ils émergeront au printemps, pas un ne manquera à l’appel.
Milou le chien n’aime plus trop sortir, il fait semblant de boiter
quand on l’y force ; quant aux chats Léo et Léa, ils mettent le nez
dehors et demandent aussitôt à rentrer pour se mettre au chaud,
ventre et tête bien à plat sur les radiateurs et pattes
pendantes. C’est si bon d’être à la maison et puis on commence à
se faire vieux ! Seul le jeune Noé, téméraire, se roule dans la poudreuse
et reste absent longtemps.
L’hiver est enfin là, pour quelques jours, profitons-en !

De vieux troncs
recouverts de lierre

La Brenne a pris des
couleurs d'opale

Une ferme sertie dans son
écrin d'arbres

Quelques vaches
charolaises sculpturales

Authentique
ferme de la Bresse du Nord, âgée de plus de deux siècles. C'est la
ferme des parents de l'ami Marcel
qui a pris la photo et que je
remercie.
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Création "La bande à Léo",
janvier 2003
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