Quand les brumes de l’automne
S’étirent aux flancs des collines
J’ai l’âme pénétrée d’une étrange douceur
J’ouvre mes volets dans l’aube câline
Et me laisse envahir par toutes les senteurs.

Senteurs de la terre
Fraîchement labourée
Prête à laisser s’accomplir
Durant les longues nuits d’hiver
L’alchimie de la vie et ses mystères.
Senteurs des feuilles
Qui sous les pieds bruissent
Et qui déjà pourrissent.
Senteurs des dernières roses
Aux belles jupes déployées
Toutes de satin et de velours moiré
Qui bravent les brumes et la rosée
Offrant à mon regard émerveillé
Leur magnifique et éphémère beauté


L’araignée épeire a délaissé sa toile
Epuisée par ses nids accrochés aux lavandes
Petites nacelles remplies d’œufs
Qui écloront au printemps
Si Dieu le veut.
Dans la mare où courent les myriophylles
Le nénuphar frileux
Lentement sous l’eau s’enfonce
Les grenouilles se sont tues
Réfugiées dans la vase, on ne les voit plus


Les hirondelles se sont envolées
Pour leur voyage insensé
Certaines reviendront
Survivantes chanceuses
Retrouver le même abri
Gîter dans le même nid
Léo et Léa, les chats bressans
Les attendront,
La patte leste et le museau gourmand.


Quelques dahlias somptueux
Ponctuent de leurs vibrantes couleurs
Les plates-bandes qui se dénudent.
Il faudra les arracher
Car, si l’hiver est rude,
Ils vont complètement geler.
Les chrysanthèmes sont en boutons
De gros boutons bien ronds
Ultime offrande de la nature
Avant novembre et ses froidures



Tiens ! Le soleil baisse à l’horizon
Vite rentrons !
 

 

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L'arrangement des "feuilles mortes" est emprunté au site Dolphin'sdream

Création  La bande à Léo, octobre 2002