L’enfant pleure,
Il pleure son beau château détruit
Celui qu’avec tant de peine
Il avait construit
Il n’avait rien oublié
Ni les tours, ni les murailles,
Ni les meurtrières, ni les fossés
Et pourtant à cause du vent
A cause du sable trop sec, à cause des gens
Sans cesse, l’enfant devait recommencer.
Enfin le château est achevé
De bonheur, l’enfant sourit
Il a vaincu le sable et le vent


Mais voici qu’arrive le père
Il est en colère le père
- Que fais-tu garnement ?
Ta mère t’attend
Et le père
Sans le faire exprès vraiment
A coup de gros talons
Anéantit l’œuvre de son petit garçon
Fait voler le sable et le vent
Et l’amour et le cœur de l’enfant


Ainsi de par le monde infini
 Des châteaux sont détruits
Des châteaux de sable
Des châteaux en Espagne
Des choses merveilleuses
Pétries de l’amour des hommes
De leurs rêves, de leurs espoirs
Larmes d’enfants, d’adultes, larmes de vieux
Se mêlent en un torrent furieux
Forment une rivière, un fleuve impétueux
Une mer immense.


C’est la mer amère des espoirs déçus,
Des illusions perdues
Des amours évanouies
Des promesses non tenues
Des bonheurs disparus
Aussitôt qu’entrevus
Et des châteaux de sable
Brisés par les pères en colère
Des pères qui ne savent pas
Que les enfants, les hommes, les peuples
Sur la terre entière
Rêvent d’être heureux
Loin de la misère
Et tout près du ciel bleu

CC

Précédente                    Suivante

Création La bande à Léo
2001